![]() |
|
Je vous propose ici quelques écrits.
Merci de me dire ce que vous en pensez - par le lien courrier en bas de page - car si l'écriture est avant tout un plaisir pour son auteur, elle a aussi le devoir de devenir un plaisir pour son lecteur. Merci d'avance.
Aujourd'hui, vous trouverez qu'une nouvelle de Fantasy (moyennement gore) ainsi qu'une petite poésie (un peu morbide, pour changer).
Bon courage à ceux qui arriveront au bout de ce pavé indigeste ;o)
Ma dernière mort...
Je me souviens de ma mort. Les traqueurs me cherchaient depuis plusieurs mois. J’ai traversé tout le pays dans la plus grande discrétion. Mais il y avait la faim qui me tenaillait. J’ai parfois passé deux jours entiers sans me nourrir. Mais je ne pouvais tenir plus longtemps. Alors, quand je repérais une proie isolée, je ne faisais pas de quartier. Je la vidais de tout son sang. Je me souviens même d’en avoir décérébré quelques-unes pour sucer les dernières gouttes dans leur cerveau. Ensuite, je les dissimulais de mon mieux. Je n’avais pas le temps de les connaître car j’avais les traqueurs qui attendaient la moindre faute de ma part. Je me doutais bien que mes proies avaient des familles, des amis, des gens qui s’inquiétaient de ne pas avoir de nouvelles d’eux. Puis venait la police et enfin les traqueurs.
J’ai voyagé et me suis nourri la nuit. Les jours, je les passais dans des caves, des entrepôts et même dans des cryptes d’anciennes églises. Dormir me permettait d’oublier les traqueurs et de rêver à mes futures chasses. Mais cela n’a pas suffit. Ils m’ont retrouvé à Piddletown, dans une caravane abandonnée à l’orée d’une forêt. Ces lâches m’ont attaqué en plein sommeil. J’en ai blessé deux mais d’autres m’ont immobilisé et ont planté un pieu dans mon coeur. A ce moment-là, j’ai ressenti la mort. J’ai ressenti l’apaisement, la quiétude de la mort. Plus de traque, plus d’humain à tuer et surtout la fin de cette éternité. J’ai attendu cette mort qui finalement était si douce. Ils m’ont jeté au dehors de la caravane et m’ont exposé au soleil. Je me souviens d’avoir hurlé sous sa brûlure et puis je suis mort.
Je suis mort, juste avant l’éclipse. Et, quand elle a été totale, mes yeux se sont alors ouverts. J’ai vu mes membres calcinés mais j’ai surtout vu la peur dans leurs yeux. J’ai compris que cette éclipse était un passage, le signe que ceux de ma race attendent, qui allait me permettre de vivre aussi le jour parmi les humains. Je les ai massacré. J’ai pris tellement de plaisir à reprendre des forces. Nul n’en a réchappé. J’ai terminé par un des blessés, plus lents à se mouvoir. J’ai adoré son regard avant que je ne goûte son sang.
Mais j’ignorais que l’un d’entre eux avait bu de l’alcool. Habitude malsaine ou peur de la confrontation avec « le monstre » comme ils disent tous ? Toujours est-il que j’étais malade quand les policiers du Comté de Chelsea m’ont arrêté au volant de leur pick-up. J’étais trop abruti pour réagir et ils me passèrent les menottes aux poignets dès qu’ils aperçurent le sang à l’arrière. Je devais être ivre à ce moment-là car j’avais mis l’autre blessé à l’arrière, sous une bâche, au cas où j’aurais faim durant la route. Quand ils l’ôtèrent, les cris de ma prise les mis dans un étrange état de dégoût. Je ne lui avais pourtant arraché qu’un bras comme ces polynésiens qui mangent les tortues morceaux après morceaux.
Vos enfants aiment arracher les ailes des mouches ? Moi aussi je suis resté un enfant. Quand ils m’ont emmené au commissariat j’ai vu la haine dans leur regard et quand je les fixais, j’y lisais la peur. C’est bon d’être éternel maintenant. Là-bas, ils m’ont pris du sang pour vérifier que j’étais ivre. Ces rats ! Ils ont osé prendre le sang d’un vampire à fin d’analyses ! C’est amusant, non ? Madame la Juge ?