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Des choses et d'autres ...

 
 
 
    
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  De la Vérité et de la Science (8 mai 2000) 
  De l'Art des Echecs (24 juillet 2000) 
    
 Photographies  
    
  Le plus beau jour de nos vies (8 mai 1999) 
    

 

MEMOIRE


Ils rient mais ne sourient pas
Leurs regards sont vides
Leurs pas sont silencieux
Ils pensent au passé qui ne reviendra pas
Ils revoient les absents, les plus intrépides
Ils marchent dans les pas de leurs aïeux

Les feux de joies
Les lueurs du lointain
Les cris des enfants
Ne sont plus pour ceux-là
Que des feux mal éteints
Que des peurs du présent

Ils dorment mais ne rêvent plus
Ils pleurent sans larmes
Et espérent je ne sais quoi
Les yeux toujours perdus
Dans un lointain de carme
Ils attendent je ne sais quoi

Leur âme est devenue un fardeau
Leurs histoires n'intéressent plus personne
Et le temps les oublie, les compense
Ils dérivent sur le radeau
Qui n'emporte plus des hommes
Mais ce qui reste de leur enfance

Et si un jour le ciel se refait pluie
Et si des rêves reviennent hanter leurs nuits
Et si la mémoire revenait encore une fois
Alors on regarderait nos vies
Et tous ces moments enfouis
Dans les souvenirs de ces gens-là

Les survivants
Les survivants


Ils témoignent du passé
De la mémoire vite effacée
Par les tracas du présent
Par les voix des inconscients
De ceux qui tissent nos vies
En font des vêtements étriqués
En mailles à ennuis
En motif de pitié

Un peuple sans histoire
Cela se peut-il ?
Un peuple sans mémoire
Que mérite-t-il ?
Que les flammes du passé
Viennent parfois lêcher
Les faces glacées
De leurs dirigeants ?

La richesse d'un pays
Est d'abord dans le coeur de ses gens
Et parfois quand on oublie
Ils vous rappellent qu'ils sont présents
Alors ils vous couvrent d'infamie
Et vous extirpent de leurs rangs
Et c'est sans gloire dans ces nuits
Que l'on repense à avant

Une histoire ca se mérite
Pour peu qu'on ne l'oublie pas
Elle est faite de toutes ces briques
Ramassées à Pavie et Alésia
Une histoire c'est une route
Un chemin qui ne fini pas
Et même si parfois l'on doute
Surtout ne pas se tromper de voie

Car l'erreur est ici fatale
Et mène forcement
A l'étape finale
Qui fait de nous

Des survivants
Des survivants


 

ERRANCES


Chercher d'où viennent les vents
Tenter le destin
Aller vers le levant
Partir pour l'incertain

Lointaines marées
Hasardeuses escales
Villes plus que cités
Sans être capitale

Et repartir encore
Vers d'autres matins
Pour changer de décor
Vivre d'autres chemins

Retrouver une foi
Et devenir pélerin
Pour repartir plus droit
Faire un bout de chemin

Reprendre un bateau
Un train ou un sentier
Voir ce qui est beau
Bénir les amitiés

Et arriver enfin à la dernière escale
Une ville, un port, un terminal
Lieu que l'on espère comme une délivrance
Et qui sera pour moi la fin de mon errance


 

De la Vérité et de la Science


Je me suis inscrit dans une mailing-list traitant de philosophie. Quel bonheur que de lire l'intervention suivante : " Les sciences satisfont-elles toujours notre désir de vérité ? J'ai déjà quelques pistes : il y a différents types de sciences : les sciences expérimentales, les sciences "formelles", les sciences humaines. Nous les qualifions toutes de sciences mais pourtant elles ne peuvent pas toutes satisfaire notre désir de vérité. Si vous aviez quelques pistes ou des auteurs importants, d'avance merci, à bientôt ". Ma réponse - si, si j' ai répondu - fut la suivante :

" La science n'est plus là pour démontrer la vérité. Il serait trop simple de se limiter à l'approche scientifique comme étant la seule approche de la vérité. La philosophie et la religion sont autant de voies dans la quête de la vérité. La vérité de la science a permis de lutter contre la vérité de la religion que l'on appela l'obscurantisme. La philosophie prît des distances par rapport à la vérité en science en créant son étude de la vérité en science qu'elle appela épistémologie.

La vérité ne se résume pas à quelques équations posée sur le papier. La vérité en science n'est pas absolue en sciences humaines. M'en tenant aux domaines de la physique et des mathématiques je voudrais donner quelques exemples.

Les mathématiques dites du chaos sont à la mode. Elles reposent sur un constat simple : la simplicité entraîne la complexité et donc la nature. Ainsi prenons un satellite tournant autour d'une planète ce système est simple et la trajectoire du satellite est simple. Plaçons un satellite que nous appellerons sat2 autour du satellite, le système sat2-satellite est simple et la trajectoire de sat2 est simple. Mais la nature en décide autrement car la trajectoire de sat2 est en réalité chaotique car les lois simples de la gravitation s'applique au système planète-satellite-sat2. Les mathématiques ne permettent pas de dire quel grain de sable va tomber dans le sablier mais à quelle fréquence la situation va se produire. Cela nous mène dans le domaine des attracteurs étranges qui sont des représentations graphiques en 3D de ces probabilités et des fractales qui en sont des représentations en 2D. Mais pourquoi ces formes, ces répétitions ? La science ne peut pas répondre à ces questions. Elle constate juste que ce sont des états de la nature et elle les utilisent sans les maîtriser. Ainsi utilise-t-on des fractales en météorologie. Les nuages sont des objets fractaux et leurs déplacements sont des probabilités en mathématiques du chaos.

En physique quantique, l'humanité est à la veille de la fusion nucléaire et oeuvre sur l' antimatiàre. Il se pose une question : la vérité doit elle être humainement compréhensible ? Avec l'antimatière, on entre dans un domaine où la matière remonte le temps, se génère parfois de façon spontanée et entraîne des réflexions philosophico-scientifiques sur la notion de dimension. L'entendement humain trouve ses limites en ce domaine. Nous en sommes au niveau du quark et allons certainement descendre encore plus bas dans la matière. Peut-on concevoir de telles choses ? Les lois d'incertitude, la courbure de l'espace et la géométrie de Rieneman (non-euclidienne), la relativité et les échanges espace-temps etc... sont autant de limites à notre perception, toute humaine, du monde.

Je ne suis pas un scientifique, ni un philosophe. J'apprécie ces 2 approches du monde car elles se complètent admirablement et je pense que les limites de la science trouvent leur réponses en philosophie. Mais il faut pour cela que cette dernière ne se limite pas à la phénoménologie et entre de plain-pied dans la science. En science, les groupes de recherche comprennent en général plusieurs spécialistes par exemple : un physicien, un mathématicien, un biologiste etc... mais il y a toujours un théoricien dans ces groupes. Le rôle du théoricien est de connaître un minimum de choses dans toutes les autres sciences et d'émettre des théories. Les théories sont des hypothèses d'explications des choses observées (dans l'observation : l'épistémologie n'est pas très loin) et, parfois au bout de 10 à 100 ans, certaines hypothèses sont prouvées scientifiquement. Alors pourquoi ne pas intégrer de philosophe dans les groupes de recherches afin de prouver philosophiquement les choses c'est-à-dire de les rapprocher de l'entendement humain, de notre "humanitude".

La vérité ne doit pas être la finalité de l'humanité, elle n'est qu'une expression du monde. Une fleur suffit à nous rendre heureux. Savoir comment elle a poussé et les composants chimiques qui forment ses couleurs lui retirerait, à mon sens, tout sens à être pour moi un vecteur de joie. " Sans regrets.

CD le 8 mai 2000


 

De l'Art des Echecs


En repensant au temps où je jouais aux Echecs dans des clubs où les pédants en disputaient aux novateurs. Il revient à ma mémoire ce combat que beaucoup d'entre nous menaient alors : faire des Echecs un sport. Etre reconnu comme sport. Quelle promotion pour le roi des jeux ! Le bridge a bien obtenu ce statut de sport. Alors pourquoi pas nous ?

Il est passé bien du temps et des passions, j'ai changé d' avis et n'aspire qu'à laisser les Echecs être un jeu. Le vocabulaire y est remarquable et nous incite à penser que ce n' est pas dans la voie du sport qu' il se révèle dans toute sa grandeur. Quand un joueur ne joue pas conformément à l' esprit de la partie, on ne va pas dire " il joue mal " mais plutôt " il joue faux ". Comme le musicien ne peut jouer mal mais peut jouer faux car il va se tromper d'octave ou générer un son inadéquat à la pièce jouée, le joueur d'Echecs va casser l'harmonie, l'esprit du jeu en effectuant une action plutôt qu'une autre. Nous sommes ici dans l'ordre de l'art.

Autre exemple, la pièce que l'on appelle le pion est le fantassin, celui qui peut le moins se défendre mais qui par le nombre -8 par joueur- est l' élément-clé de la plupart des positions. Ce simple pion a une faculté : il peut " aller à promotion " c'est-à-dire qu'en traversant tout l'échiquier et en arrivant sur la dernière ligne de l'adversaire, il peut être transformé en n'importe quelle autre pièce. Le plus faible -le pion- pourrait devenir le plus fort -la reine théoriquement-. Quelle moralité ! Traverser l' ennemi de part en part et finir puissant. Cette morale se retrouve dans l'esprit des fondateurs de ces start-up qui s'élancent pour conquérir le plus rapidement possible le plus de marchés possibles. Nous sommes dans l'ordre de la morale guerrière.

Et si tout simplement nous disions qu'un joueur d'Echecs joue. Comme un musicien joue la musique, comme un peintre joue l'harmonie des couleurs, comme un sculpteur joue la matière, les joueurs d'Echecs jouent ce jeu millénaire où les règles mènent les meilleurs d'entre eux à l'esprit du jeu. A mon sens, l'important n'est pas tant de gagner mais de ressentir cette harmonie, ce lien de vie qui nous unit à l'esprit du jeu. Les Echecs ne développent pas l' intelligence mais ils développent l'intellect. La faculté à construire une idée et à la mener à son terme : voilà ce qu'est l' intellect. Aux Echecs, il est un dicton : " il vaut mieux avoir un plan faux que pas de plan du tout ". Bel exemple de cette quête que ce jeu anime en ses amateurs.

La finalité du jeu n'est pas d'être un sport mais une morale ou un art. La danse est un art et pourtant les danseuses étoiles n'ont rien à envier aux coureuses de demi-fond. De même, aussi bizarre que cela puisse vous paraître, un joueur d'Echecs va vivre des moment de stress intenses, ses pulsations cardiaques vont parfois s'envoler et son métabolisme subir des contraintes qu'on retrouve chez le sportif. Mais si le sport loue le corps et ses performances, l'art encense l'esprit, l'âme et permet à l'homme, non seulement de se mesurer au monde et à lui-même, mais aussi à l'idée abstraite de ce qu'il y a de plus humain en lui.

Alors donnez un sens au jeu, faites en un art. Apprenez l'esprit du jeu, faites le vivre au travers de vos actions. Pousseurs de bois, soyez joueurs et devenez artistes voire virtuoses. Quant à ceux qui veulent devenir néanmoins des sportifs en ce jeu, ils n'en ont, hélas pour eux, pas compris le sens profond.

CD le 24 juillet 2000


 

Le plus beau jour de nos vies


Notre mariage

Notre couple

 


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